Fondation Neurodis : Alessandro Farné lauréat de l'appel à projets 2022 !

Alessandro Farnè

En novembre 2021, la Fondation Neurodis avait lancé un appel à projets en neurosciences concernant la recherche clinique dans toute la région Auvergne-Rhône-Alpes. Cet appel à projets proposait deux financements de 50 000 € sur deux thématiques : la maladie de Parkinson, ou la recherche clinique en neurologie ou psychiatrie (excluant tout lien avec les maladies neurodégénératives et la maladie de Parkinson).

Pour la thématique recherche clinique en neurologie ou psychiatrie c'est le projet d'Alessandro Farnè (IMPACT et Neuro-Immersion CRNL) "Améliorer la récupération des déficits sensoriels post-AVC : Mécanismes de plasticité et réadaptation" qui a été retenu. Félicitations !

 

Le détail du projet :

Les AVC touchent une personne toutes les 4 minutes en France et sont la première cause de handicap acquis. Suite à un AVC, plus de la moitié des patients présentent des déficits somatosensoriels, principalement aux membres supérieurs, qu’il est capital de traiter puisqu’ils réduisent la qualité de vie et freinent la réhabilitation motrice. S’il est possible d’améliorer la perception tactile, la plupart des approches nécessitent un entraînement intensif et prolongé et sont de ce fait incompatibles avec l’offre de soin de notre système de santé. Une exception notable est la stimulation somatosensorielle répétée (SSR), qui après quelques heures de stimulation mécanique passive, sans effort attentionnel ou physique, améliore l’acuité tactile d’adultes sains et de patients. Si un consensus existe autour de la notion que ces effets passent par l’induction d’une plasticité cérébrale somatosensorielle, les mécanismes physiologiques responsables de cette plasticité sont encore peu compris.

Le docteur Farnè propose un projet en deux axes :

Le premier axe cherche à déterminer les mécanismes physiologiques responsables des effets de la SSR, et notamment si la modulation des connections inhibitrices entre les représentations cérébrales des doigts, soupçonnée d’être exercée par l’application de la SSR, est responsable de cette forme de plasticité somatosensorielle résultant en une amélioration de la perception tactile à la fois locale (sur la main stimulée) et à distance (sur la main non stimulée). Mieux connaitre ces mécanismes permettrait d’optimiser les bénéfices obtenus via la SSR et promouvoir son application clinique.

Le deuxième axe vise précisément à fournir la preuve que les patients victimes d’un AVC, pour lesquels il n’existe pas ou peu de thérapies pour la réhabilitation des déficits somatosensoriels, peuvent bénéficier de cette forme de plasticité d’une main à l’autre : en traitant la main épargnée, dont le système est intact, pour améliorer la perception tactile (et de surcroit la récupération motrice) de la main affectée. En validant cette approche dans une population chronique de patients victimes d’un AVC, ce projet permettra de valider une nouvelle application clinique pour le traitement des déficits sensorimoteurs.